Le Père Soulas ou le Saint-Vincent de Paul de Montpellier

André Soulas, le célèbre Père Soulas ou encore le Saint-Vincent de Paul montpelliérain, ainsi que l’on a pris l’habitude de le désigner, naît à Viols-le-Fort le 16 février 1808. 

Dans ce village situé au pied des Cévennes, encore imprégné de l’esprit de l’Ancien Régime, tant dans ses moeurs que dans son architecture, le petit Soulas se démarque des autres enfants de son âge. Le curé du village reconnaît en lui une grande vivacité d’esprit et une sensibilité toute particulière pour les indigents. La tradition, fidèlement entretenue par ses chroniqueurs successifs, rapporte même qu’il se privait fréquemment des déjeuners confectionnés par ses parents pour les distribuer aux plus pauvres qu’il croisait alors qu’il gardait le bétail familial.

Grâce au soutien financier d’une bienfaitrice, qui a toujours préféré rester dans l’anonymat, il entre au séminaire en 1825. Après des études sérieuses, effectuées sous le regard bienveillant de Monseigneur Thibault qui repère en lui des qualités que peu de ses futurs confrères développeront, il reçoit le diaconat en 1834 et la prêtrise en 1835 en la cathédrale de Nîmes. Mais, ces horizons offerts par ce nouveau sacerdoce ne lui conviennent pas vraiment. Il fait part de son souhait d’exercer sa vocation de missionnaire auprès des populations lointaines, de faire partie de cette cohorte de prêtres qui apportent la bonne parole à des populations pour qui le Christianisme est la religion des vainqueurs. L’Evêque de Montpellier a un autre projet pour lui. Il sait que des territoires entiers du département de l’Hérault sont hostiles à la religion catholique et que leur population verse dans une défiance à la religion romaine. Nombreux sont les territoires à rechristianiser au sein même des limites territoriales du département. Dans cet esprit, il lui confie le poste de vicaire de la Salvetat-sur-Agoût. Dans ce territoire rural où règne en maître la superstition, le Père Soulas gagne progressivement la confiance de ses concitoyens, et cela notamment grâce à un exorcisme qu’il pratique sur une jeune fille qui semblait possédée par le Diable.

L’année suivante, il revient à Montpellier comme vicaire de la cathédrale Saint-Pierre avant de devenir trois mois plus tard, second aumônier de l’hôpital général de la ville.

Il fait alors à nouveau part à l’Evêque de sa vocation d’évangélisation et est nommé en 1841, missionnaire diocésain. Pour parfaire cette mission, il crée avec les pères Balp et Vigourel les prêtres adorateurs missionnaires.

En 1845, avec l’aide de Virginie Montagnol, il fonde la congrégation des Soeurs garde-malades de Notre-Dame-Auxiliatrice, une institution appelée à connaître un grand succès.

L’année suivante, il fonde une crèche à Saint-Denis et dix ans plus tard, une seconde au « Carré du Roi », où il peut recevoir et enseigner une cinquantaine de filles.

Sur un domaine agricole d’une quarantaine d’hectares qu’il acquiert dans le village des Matelles, il fait bâtir l’orphelinat de Notre-Dame-des-Champs. Il s’agit en fait d’une colonie agricole où les orphelins acquièrent une éducation et un métier.

Soulas Andre Acte de deces 1857 1
Acte de décès du père Soulas établi le 5 mai 1857
Source : AD34//5MI1-124

André Soulas meurt le 4 mai 1857 à Montpellier. Plus d’un millier de personnes accompagnent sa dépouille jusqu’aux Matelles, dans son cher établissement de Notre-Dame-des-Champs.

Déclaré vénérable par l’Eglise catholique, sa mémoire perdure également dans la trame viaire montpelliéraine, par une rue qui, du stade Philippidès au rond-point du domaine d’O, porte son nom.

Source : 

Vigourel, La vie et les oeuvres du Père Soulas, Montpellier, 1904 – 

Granier (chanoine), Le Saint-Vincent de Paul Montpelliérain, André Soulas, Montpellier, 1934

Granier (chanoine), André Soulas et les soeurs garde-malades de Notre-Dame-Auxiliatrice (1808-1875), Montpellier, 1982

Garraud S. & Dorval M., Le père Soulas, sa vie, son oeuvre, cahiers de l’UTT, n°36

Cholvy Gérard, André Soulas et les soeurs garde-malades de Notre-Dame-Auxiliatrice (1845-1995), Montpellier, 1995

Après des études en science politique et en géographie et histoire de l'urbanisme, Fabrice Bertrand, né à Montpellier, anime depuis 2016 le groupe Facebook "Montpellier Histoire et Patrimoine" qui compte près de 30.000 membres. Il est aujourd'hui en charge de plusieurs projets, qui visent à mettre en valeur le patrimoine scientifique et intellectuel montpelliérain.

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