Paul Brousse, médecin engagé, homme politique, compte parmi les montpelliérains qui ont eu une carrière politique déterminante sur la constitution de la politique française. Pour la plupart d’entre nous, son nom est bien souvent associé à une institution hospitalière parisienne de renom, située à Villejuif.
Pourtant, peu d’entre nous savent que ce brillant médecin, a posé ses premiers pas sur notre bonne terre languedocienne et qu’il peut apparaître comme un des fondateurs du socialisme français. En effet, avant d’être un médecin reconnu, un homme politique qui a marqué la seconde moitié du XIXe siècle de sa réflexion sociale, il a grandi à Montpellier.
Dans notre ville, son nom reste associé à une rue entre le boulevard du Jeu de Paume et le cours Gambetta.
DES DÉBUTS PROMETTEURS À MONTPELLIER
Paul Brousse est né le 23 janvier 1844, dans une famille bourgeoise spécialisée dans le négoce de grains. Comme beaucoup de jeunes gens de son milieu, Il se destine à la médecine, une carrière qui promet au futur docteur prestige et respect.
En 1867, alors qu’il est encore étudiant, il se retrouve en première ligne face à l’épidémie de choléra qui frappe le Languedoc. Toutefois, ce n’est pas en tant que médecin que Paul Brousse marquera l’histoire, mais bien en tant qu’homme politique.
UN ENGAGEMENT PRÉCOCE POUR LA RÉPUBLIQUE
Dès l’âge de 16 ans, Paul Brousse s’engage politiquement. Il fait partie de cette jeunesse qui voit le Second Empire comme un régime oppressif. La chute de ce régime en 1870 marque le début de son combat pour la République. Il co-fonde la Caisse d’enseignement démocratique du Languedoc et participe à la création du journal “La Liberté” avec Jules Guesde et Arthur Ballue.
Brousse devient un fervent défenseur d’une République protectrice et humaniste.
UN PARCOURS POLITIQUE AGITÉ
L’engagement de Brousse ne se limite pas à Montpellier. En 1870, il soutient activement la Commune de Paris et adhère à l’Association Internationale des Travailleurs. Cependant, ses idées anarchistes, influencées par Bakounine, le poussent à s’opposer aux marxistes. Après avoir été exclu de l’Internationale et de la section de Montpellier, Brousse s’exile à Barcelone, puis en Suisse, où il continue de promouvoir ses idées révolutionnaires et anarchistes.
UN RETOUR TRIOMPHAL EN FRANCE
En 1880, l’amnistie générale des Communards permet à Paul Brousse de revenir en France. Installé à Paris, il devient un leader du Parti Ouvrier et fonde la Fédération des travailleurs socialistes de France (FTSF). Sous sa direction, des boulangeries municipales, des universités populaires et des logements ouvriers voient le jour. En 1887, il est élu maire de Paris pour le quartier des Epinettes et supervise la réforme de l’Assistance Publique.
LA FIN D’UNE VIE DÉDIÉE AU SERVICE PUBLIC
En 1906, Brousse entre à l’Assemblée Nationale. Malgré une défaite électorale en 1910, il continue de servir en dirigeant l’asile d’aliénés de Neuilly, où il décède en 1912. Il repose désormais au cimetière du Père-Lachaise, près du Mur des Fédérés, un symbole poignant de ses combats.
UN HÉRITAGE VIVANT
Aujourd’hui, Paul Brousse est honoré par des rues qui portent son nom, à Paris et dans d’autres villes, y compris Montpellier. Un hôpital parisien célèbre également sa mémoire.
Alors à bientôt pour d’autres promenades dans le passé montpelliérain !




