Ce lundi 15 décembre, à 12 heures, une importante foule s’était massée devant le Jardin des Plantes, à l’angle de la rue du faubourg Saint-Jaumes et du boulevard Henri-IV. Elle avait osé braver les quelques gouttes de pluie qui avaient été annoncées plus abondantes par les météorologues locaux.
Ce n’était pas par goût de la pluie que les participants s’étaient réunis, mais pour prendre part à un événement important pour la ville de Montpellier : la réouverture du portail sud du Jardin des Plantes.

En effet, depuis 2004, ce portail, avec ses grilles vert olive, semblait figé pour l’éternité. Refusant obstinément de s’ouvrir, il obligeait les nombreux Montpelliérains et touristes désireux de profiter de ce lieu exceptionnel, vanté par tant d’auteurs prestigieux, à passer par le portail du boulevard Henri-IV, situé quelques mètres plus bas et qui n’offrait pas d’accès adapté aux personnes à mobilité réduite.
Les différents intervenants ont rappelé le long travail de collaboration, étalé sur près de cinq ans, entre l’Université de Montpellier, propriétaire des lieux, la Ville de Montpellier et les services des Monuments historiques. Ce travail a enfin permis la réouverture de ce portail.
Après le président de l’Université, Philippe Augé, qui rappela l’importance du patrimoine de son établissement — riche de locaux prestigieux tels que la faculté de Médecine ou la faculté de Droit, récemment dotée de la chapelle des Visitandines — le maire prit la parole. Il souligna l’engagement de la Ville dans la valorisation de son université, la plus ancienne du monde hippocratique, forte de huit cents ans d’histoire, et qui, le matin même, avait reçu le soutien de l’État français pour la candidature du patrimoine documentaire de l’enseignement de la médecine à Montpellier (XIIᵉ–XIXᵉ siècle) à l’inscription au registre « Mémoire du monde » de l’UNESCO.
Le moment était festif et témoignait même de la bonne entente qui avait présidé à ce geste. Le directeur des Affaires culturelles le résuma avec humour en rappelant que, six ans plus tôt, à son arrivée à Montpellier, le maire, Michaël Delafosse, lui avait exprimé son souhait de rouvrir ce portail. À quoi il avait répondu qu’il suffisait de trouver un bon serrurier.
Après ce trait d’humour bienvenu, il rappela avec quelle compétence les services de la Direction des Affaires culturelles avaient assuré une maîtrise scientifique exceptionnelle, en collaboration avec l’architecte en chef des Monuments historiques. Il rendit également hommage au service des Monuments historiques. Ces six derniers mois, il avait fallu restaurer la grille en fer, assurer la stabilité des piliers en pierre de taille, choisir la technique de restauration des décors sculptés et mener un véritable travail archéologique afin de retrouver la couleur d’origine : le gris canon de fusil, rehaussé de dorures.
Au-delà du portail, le parvis a également été repris. Il est désormais traité en hémicycle, avec un calepinage soigné des matériaux de revêtement et la création d’un cheminement pour les personnes à mobilité réduite, grâce à une rampe harmonieuse épousant l’arrondi du mur de clôture, sans dénaturer la qualité des lieux.
Cinq ans de réflexion, trois ans d’étude sur la globalité du Jardin des Plantes, quelques mois de travaux et 334 000 euros d’investissement, répartis entre la Métropole et l’Université, auront été nécessaires pour permettre à chacun d’entre nous — et pourquoi pas à vous — d’accéder à nouveau au Jardin des Plantes, plus ancien Jardin des Plantes de France, fondé par Henri IV en 1593, par ce portail enfin rouvert.

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