Sébastien Bourdon, né le 2 février 1616 à Montpellier, a eu l’immense privilège d’être considéré, de son vivant, comme un des plus grands peintres du royaume de France.
Issu d’une famille modeste – son père était peintre et vitrier – il lutte durant sa jeunesse contre la misère, vivant une adolescence bohème qui le mène de ville en ville. À 18 ans, il devient brièvement soldat, mais c’est la peinture qui façonne véritablement son destin.
Sébastien Bourdon, un autodidacte sur les routes
Après 1634, après avoir retrouvé les pinceaux, le montpelliérain s’installe à Rome, où l’art baroque trouve un de ses plus remarquables foyers. Il y découvre les œuvres de grands maîtres tels que Claude Lorrain, le Caravage ou encore celles de Pieter van Laer, qui avec ses bambochades, influença grandement le jeune français. Ce style pictural était particulièrement en vogue dans la péninsule italienne. Y figurent des scènes champêtres, parfois urbaines, notamment des scènes de marché, de rues ou encore de beuveries, dans lesquelles le peuple est présenté de façon burlesque et caricaturale.
Le génie de Sébastien Bourdon ne tarde pas à éclore. A seulement 20 ans, il crée des œuvres d’une profondeur rare, mêlant finesse et émotion. Son nom commence à être connu dans la Ville Eternelle. Cependant, ses convictions religieuses le mettent en grand danger. Menacé par l’Inquisition en raison de son appartenance au calvinisme, il s’installe à Paris en 1637.

Gravure par Cars
Sébastien Bourdon, le parisien
Dans la capitale du royaume de France, son talent est rapidement remarqué et alors qu’il est âgé de 27 ans, il reçoit la commande d’un May pour la cathédrale Notre-Dame de Paris de la part de la puissante confrérie des orfèvres parisiens. Le tableau qu’il produit sur le thème du “crucifiement de Saint-Pierre”, le consacre parmi les plus grands artistes de son époque.

May de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris commandé en 1643
Loin de se limiter à un style, Bourdon excelle dans une diversité de genres : il réalise toujours des bambochades, mais aussi des scènes de batailles dans lesquelles se déploient une riche palette colorée, captivant une clientèle parisienne en quête de nouveauté. Progressivement, le jeune peintre protestant, au tempérament fougueux, se calme, reçoit des commandes prestigieuses et commence à être couvert d’honneurs.
En 1648, il devient l’un des douze membres fondateurs de l’Académie royale de peinture et de sculpture. Rapidement, se développe en lui l’ambition de créer une académie similaire dans sa ville natale de Montpellier.

huile sur toile par Sébastien Bourdon – 1645-56
Sébastien Bourdon, un peintre de cour
Sa renommée franchit les frontières, et en 1652, la reine Christine de Suède (1626-1689), séduite par la richesse de ses coloris, l’invite à Stockholm et le nomme premier peintre du royaume. Sébastien Bourdon y voit le moyen de s’éloigner de Paris et de la Fronde qui depuis 1648 s’est organisée pendant la minorité de Louis XIV. Ce lien avec cette puissante dame et sa cour, une des plus remarquables du milieu du XVIIe siècle, ouverte aux arts, marque un tournant dans sa carrière. Il réalise alors plusieurs portraits de sa bienfaitrice et des grands aristocrates qui l’entouraient.

huile sur toile par Sébastien Bourdon en 1652
En 1657, lors d’un ultime séjour à Montpellier, Bourdon peint La Chute de Simon le magicien pour la cathédrale Saint-Pierre, chef-d’œuvre encore visible aujourd’hui. Il peint également “L’homme au ruban“, qui est aujourd’hui considéré comme un des chefs d’oeuvre de l’art du portrait français du XVIIe siècle.

Sébastien Bourdon s’éteint le 8 mai 1671, léguant un héritage artistique inestimable dont le Musée Fabre est devenu, au fil des acquisitions, le lieu de conservation de sa mémoire. Inhumé au cimetière du faubourg Saint-Germain, il reste une figure emblématique pour Montpellier et un modèle pour les artistes de toutes les époques.

Vers 1660




