Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir ce plat en faïence du XVIIIe siècle qui mesure presque 50 cm de long. Comme vous pouvez le voir, il est imposant et bien bleu, et surtout, c’est un vrai festival de détails quand on s’en approche.
Alors on y voit quoi exactement ?
Au milieu, c’est la fête : une allégorie bachique. On a trois personnages qui trinquent autour d’une table. Il y a une femme drapée, un homme qui lève sa coupe et un autre personnage (sûrement Bacchus) avec une couronne de feuilles sur la tête.
Mais le plus fou, c’est tout ce qu’il y a autour.
C’est ce qu’on appelle le style “à la Bérain”. Les artisans de l’époque s’amusaient énormément : si vous cherchez bien dans les rinceaux et les volutes, vous allez tomber sur des singes, des escargots, des satyres et même des petits brûle-parfums. C’est un décor vivant, presque un peu insolent, qui montre bien l’esprit des tables prestigieuses de l’époque.
Pourquoi ce plat est important pour l’histoire de la faïence de Montpellier ?
On a tendance à l’oublier, mais Montpellier était une plaque tournante de la faïencerie française durant l’Ancien-régime. Bien avant que d’autres centres deviennent célèbres, nos ateliers locaux maîtrisaient déjà ces techniques de camaïeu bleu et ces décors ultra-précis.
Ce plat, c’était le “haut de gamme” de l’Ancien Régime. Il y a même des armoiries sur le côté, tenues par un satyre. Elles n’ont pas encore été identifiées… Un petit mystère généalogique qui reste à percer !
Un détail vous choque ou vous amuse dans ce décor ? Perso, les petits singes cachés dans la vaisselle de luxe, ça me fera toujours sourire.




